Poêles et foyers sous la loupe

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Vous partez magasiner un poêle ou un foyer en ayant une vague idée de ce que vous voulez et une tonne de questions à poser? Voici quelques propos et conseils recueillis auprès des spécialistes de l’industrie.

Des critères à considérer


Lorsqu’un client se présente dans une boutique spécialisée, une des premières questions qu’on lui pose c’est ce qu’il compte faire de l’appareil. Servira-t-il à mettre de l’ambiance lors du chauffage, ou à dépanner en cas de panne électrique? Certains ne vont utiliser leur foyer que la fin de semaine, pour le «spectacle»; pour d’autres, il sera utile pour réduire les coûts de la facture énergétique. «Ce qu’il faut savoir, c’est que les poêles et foyers ne peuvent pas être considérés comme des modes de chauffage central dans maison. «Ce sont plutôt des chauffages d’appoint», précise François St-Martin, directeur du service des foyers chez Maconnex. Il poursuit : «Dans une maison, on atteint normalement la zone de confort en réglant les thermostats du système central. Ce n’est donc pas une bonne idée de se procurer un appareil dont la capacité est trop élevée en terme de BTU. On aura donc souvent affaire à un acheteur à moitié satisfait qui, d’un côté sera heureux de son beau foyer, mais qui sera aussi frustré du fait qu’une fois allumé ce dernier chauffe trop la maison.»

Actions Multiflammes
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Une autre erreur commise par plusieurs personnes, c’est qu’elles installent leur appareil au sous-sol. «Les gens laissent la température grimper à 26-27 ºC pour atteindre 22 ºC au rez-de-chaussée. Qu’on se le dise: surchauffer son sous-sol, ce n’est pas une méthode de chauffage», affirme M. St-Martin. Gilbert Dion, président chez Les foyers Don-Bar, abonde dans le même sens. «La pièce devient vite inconfortable et la chaleur ne monte pas nécessairement au rez-de-chaussée, et encore moins à l’étage. Je recommande toujours d’installer l’appareil là où vivent les occupants d’une maison comme par exemple dans le salon ou dans une aire ouverte.»

Les foyers Don-Bar
Les foyers Don-Bar

Les questions demandées au client sont quel sera l’emplacement de l’appareil, et aussi quelle est la grandeur de la pièce où il compte l’installer. «Dans le cas d’un appareil au gaz qui serait destiné à une chambre à coucher, on va suggérer un modèle dont la capacité en BTU est plus basse pour que les utilisateurs puissent jouir de la flamme et de l’ambiance le plus longtemps possible, explique M. St-Martin.»

Coup d’œil sur les tendances 

Tous les intervenants s’entendent pour dire que ce que les gens recherchent plus ce sont des lignes plus pures, et un design plus sobre. Les modèles linéaires sont les plus populaires et ce, depuis quelques années déjà. D’ailleurs, à peu près tous les fabricants d’appareils au gaz offrent maintenant des modèles. On trouve aussi des foyers électriques linéaires et quelques-uns au bois, moins intéressants de l’avis de certains, car les flammes d’un feu de bois ont plutôt tendance à monter. De l’horizontal, le foyer passera-t-il à la verticale? «Ce qu’on remarque beaucoup en Europe en ce moment, note M. Dion, ce sont les foyers verticaux ans lesquels les bûches sont placées debout pour un effet plus spectaculaire.» On en voit peut ici, mais qui sait? Peut-être s’inviteront-ils dans nos maisons dans un avenir rapproché!

Actions-Multiflammes
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Quelques mots sur l’installation

Selon M. Fauteux, «il est très important de recourir à des professionnels de l’industrie des poêles et des foyers. Ce sont les seuls à détenir tous les permis requis en ce qui a trait à l’installation; de plus, ils sont formés par les manufacturiers afin d’optimiser les performances des nouveaux appareils conçus pour répondre à des normes grandissantes.» Le consommateur doit donc rechercher une boutique membre de l’APC (Association des professionnels du chauffage).

Entrée en vigueur d’un nouveau règlement

À partir du 1er octobre 2018, les gens qui résident sur l’île de Montréal ne pourront plus utiliser leurs anciens appareils au bois. Les clients qui habitent en périphérie sont nombreux à se demander s’ils devront eux aussi remplacer leurs appareils. Dans les boutiques spécialisées, on leur explique que la réglementation touche seulement l’île et non le Grand Montréal.

Cette réglementation qui vise à réduire les émissions de particules polluantes dans l’air ne banni pas pour autant le chauffage au bois. Sauf que ceux qui voudront profiter d’une bonne attisée devront se doter d’appareils qui rencontrent les normes environnementales EPA (Agence de protection de l’environnement) fixées par l’Administration municipale. «Un appareil sera conforme s’il n’émet pas plus de 2,5 g/h de particules fines dans l’atmosphère», précise M. Ferland, président du regroupement Actions Multi-Flammes et copropriétaire de la boutique Foyer Gaz, située à Vaudreuil. «Les normes EPA actuelles sont de 6,5 g/ h. Ceux qui ne feront pas le changement ne pourront plus utiliser leur vieux foyer après la date prescrite, sauf dans le cas d’une panne électrique de plus de trois heures», ajoute l’expert.

Même si, pour de nombreux Montréalais, la sélection d’appareils est plus restreinte et se traduit par prix plus élevés, voyons le remplacement des vieux foyers comme un investissement plutôt qu’une dépense. Après tout, une installation conforme rendra l’habitation plus attrayante sur le marché de la revente!

Par Annie St-Amour

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